La dissolution du Groupe de Minsk de l’OSCE ne constitue pas un pas vers la paix, mais une
condition imposée par l’Azerbaïdjan pour faire avancer un accord déséquilibré obtenu par la
coercition. Ce dangereux précédent récompense le nettoyage ethnique de l’Artsakh par Bakou
et sape les principes mêmes du droit international que le processus de Minsk incarnait.
Cette « demande conjointe » n’est pas le produit du libre arbitre de l’Arménie mais l’une des –
nombreuses – conditions préalables de l’Azerbaïdjan pour signer l’« Accord de paix ».
L’Arménie a accepté d’émettre cette demande sous la menace et l’usage de la force, ce qui en
fait un instrument invalide selon le droit international.
Pour rappel, en septembre-octobre 2023, l’Azerbaïdjan a organisé le nettoyage ethnique du
Haut-Karabagh après un blocus de 10 mois. Ces crimes, largement documentés, ont forcé plus
de 150 000 Arméniens à l’exil, sans résoudre la question des droits du peuple d’Artsakh.
Abandonner la médiation internationale envoie aujourd’hui un message dangereux : la
puissance, non la loi, décide des litiges. Un tel précédent ne fait que perpétuer les cycles de
violence et saper les fondements de la paix.
La paix authentique doit garantir :
- La libération immédiate des otages arméniens détenus en Azerbaïdjan
- La protection du patrimoine culturel arménien régulièrement détruit par l’Azerbaïdjan
- La sécurité et la souveraineté de l’Arménie respectées par l’Azerbaïdjan qui évoque
régulièrement vouloir attaquer le reste de l’Arménie en considérant qu’il s’agit là d’un
prétendu « Azerbaïdjan occidental » - Le droit au retour pour les Arméniens déplacés, affirmé par la Cour internationale de
Justice (17 novembre 2023)
La France, coprésidente du Groupe de Minsk, porte une responsabilité particulière. Paris doit
désormais prendre des initiatives concrètes pour défendre les principes du droit international
qu’elle a longtemps portés.
Nous appelons la France et l’OSCE à rester engagées dans la protection des droits des
Arméniens déplacés, la libération des otages, et la préservation du patrimoine culturel.
« Fermer le chapitre de l’inimitié », comme proclamé dans la déclaration de Washington du 8
août 2025, ne peut être accompli par le silence imposé. Cela nécessite un travail de vérité, justice
et réconciliation. Il ne peut y avoir de paix durable sans que la voix des victimes soit entendue,
leur souffrance reconnue, et la justice poursuivie.
Paris, 2 septembre 2025